École en nature, école des territoiresGarder une école dans leur commune, un enjeu pour les maires ruraux

27 janvier 20200
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Alternative désormais crédible et reconnue aux écoles publiques communales en voie de disparition, les écoles privées hors contrat se sont imposées dans le débat électoral. Indispensable à la vitalité et même à la survie des territoires, ces écoles vraiment libres séduisent de plus en plus. Aidons-les à devenir encore plus accessibles !

Face à une baisse des effectifs, les élus sont parfois contraints de fermer les petites écoles de village, au profit de regroupements pédagogiques entre plusieurs communes. Mais, souvent, ils se démènent pour trouver une solution.

En conclusion du Grand débat, Emmanuel Macron avait promis en avril 2019 qu’il n’y aurait plus de fermetures d’école « d’ici à la fin du quinquennat », précisant « sans l’accord des maires ». Une manière de rassurer après la crise des Gilets jaunes.

Au final, il y a eu « quarante et un abandons de fermetures » après ce discours, mais 362 écoles ont bien fermé à la rentrée 2019 « avec l’accord du maire », précise-t-on au ministère. Parmi celles-ci, 250 ont fait l’objet de regroupements pédagogiques ou de fusions, et 112 sont des fermetures « sèches » (dont 63 en milieu rural). Mais « 111 ouvertures d’écoles » ont aussi eu lieu, souligne le ministère.

Qui décide des fermetures ?

Elles sont le fruit de concertations entre les élus (mairies ou communautés de communes) et les inspections d’académie. Selon les intercommunalités, les maires n’ont parfois plus la compétence école et doivent souvent plaider leur cause devant les élus communautaires. Dans beaucoup de régions, la carte scolaire (répartition des élèves) est gérée par les communautés de communes.

Pourquoi des écoles ferment ?

Le nombre d’écoliers diminue. Ils étaient 35 940 de moins à la rentrée 2019, par rapport à 2018. Selon le nombre d’élèves et de postes d’enseignants, les services académiques de l’Éducation nationale proposent aux élus ruraux de créer des regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI). Il peut s’agir de RPI « dispersés » (sur plusieurs sites) ou de RPI « concentrés » (ou RPC) au sein d’une grande école. Par exemple, dans la Somme, où trente écoles ont fermé en septembre, un RPC a ouvert à Oisemont, avec 360 élèves, de la maternelle au CM2. En 2018, on recensait 4 821 RPI (- 2,58 % par rapport à 2017), parmi lesquels 1 705 RPC (+ 3,4 %).

Le nombre de fermetures d’écoles entre 2015 et 2019. | INFOGRAPHIE OUEST-FRANCE

Regroupements : bonne idée ?

Pour le ministère, les RPI permettent « de constituer des classes homogènes, de garantir la qualité des apprentissages et de sortir les enseignants du risque d’isolement professionnel et pédagogique ». Pour autant, aucune étude n’a démontré que l’enseignement y était plus efficace. Par endroits, leur création fait consensus. Ailleurs, ils sont critiqués car ils rallongent le temps de transport scolaire, distendent le lien profs/parents, font disparaître le lien social de l’école entre les habitants…

Pour Francette Popineau, porte-parole du SnuiPP (syndicat enseignants majoritaire), « on ne peut pas regrouper à l’infini, il faut une éducation de proximité et ne pas raisonner uniquement sur le plan numérique. Faire cours à 26 élèves dans une classe à quatre niveaux est par exemple aberrant ».

Autre critique récurrente : le rural pâtirait du dédoublement des classes de CP-CE1dans le réseau prioritaire. « On ne fait pas le dédoublement au détriment des autres territoires, rétorque-t-on au ministère. Il y a en moyenne 17 élèves par classe dans le Cantal et 14 en Lozère. Le taux d’encadrement s’est amélioré avec 22,4 élèves par classe en maternelle en 2019 (contre 23 en 2016) et 21,8, en élémentaire (contre 22,1 en 2016). »

Quelles alternatives aux fermetures ?

Les maires ruraux se démènent pour garder leur école. À Courdemanges (Marne), l’école menacée a été sauvée grâce à une mobilisation alliant élus, parents d’élèves et habitants et à la création d’une micro-crèche associative pour pérenniser les familles.

À Ascros (Alpes-Maritimes), 160 habitants, le maire a réussi à attirer huit nouveaux élèves en septembre pour sauver son école. Comment ? Via une émission de radio, il a proposé trois appartements communaux à loyer très réduit pour attirer des familles.

Autres alternatives : les écoles privées hors contrat. Dans la Vienne, La Bussière et ses 320 habitants étaient sans école depuis 1991. Mais depuis septembre, huit écoliers de 3 à 11 ans sont scolarisés en classe unique à l’école Gilbert-Bécaud, créée grâce à du crowdfunding et à l’aide des habitants. L’enseignement, inspiré des pédagogies Montessori et Freinet, a permis d’attirer des néoruraux en quête d’une « autre » école.”


Source : ouest-france.fr, “Garder une école dans leur commune, un enjeu pour les maires ruraux”, publié le 27/1/20 par Laetitia Hélary. https ://www.ouest-france.fr/elections/municipales/garder-une-ecole-dans-leur-commune-un-enjeu-pour-les-maires-ruraux-6708829 ?connection=true

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